Résumé
Surfer sur la vague.
Critique détaillée

Le Mitsubishi Outlander a le vent dans les voiles, du moins au Canada. La version à essence, de même que la PHEV (hybride rechargeable) dominent les ventes de la marque, avec près de 60 % des résultats. Concrètement, on parle de 23 295 des 38 921 modèles vendus en 2024.

L’Outlander a souvent joué un rôle de second violon dans la catégorie des VUS compacts, mais depuis sa dernière refonte, en 2022, il s’impose comme un joueur de plus en plus solide. Le partenariat Nissan-Mitsubishi lui a grandement profité, lui qui repose aujourd’hui sur les bases du Rogue. Il utilise même le 4-cylindres de 2,5 litres de Nissan, qui n’est plus au service du Rogue, ironiquement.

Pour 2025, Mitsubishi met sa vedette à jour. Fait intéressant, les changements apportés lui ont été suggérés par sa clientèle. L’objectif est clair; la satisfaire et séduire un public encore plus vaste.

Le design

Il est toujours périlleux de se prononcer sur l’esthétisme d’un produit, car tous les goûts sont dans la nature. Il y a des exceptions, cependant, et l’Outlander en fait partie. En fait, peu de gens trouvent le design du faciès réussi. C’est tordu et pas très joli. Heureusement, le reste de la ligne est abouti, mais ça manque d’harmonie.

Pour 2025, les changements sont subtils. De nouveaux pare-chocs à l’avant et à l’arrière, des plaques de protection revues, et un éclairage à DEL tous azimuts, ce qui est entre autres nouveau pour les clignotants et les feux à l’arrière.

Les jantes, de 18 et de 20 pouces, selon les versions, ont aussi été redessinées.

À l’intérieur

Les changements apportés à l’habitacle de la version 2025 vont dans toutes les directions.

D’abord, mentionnons que la configuration intérieure compte toujours sur trois rangées et le volume de chargement lorsque les deux premières sont rabattues est stable à 1822 litres. On apprécie l’espace dont on dispose à l’avant, tout comme à la deuxième rangée où le confort a été rehaussé. On a en fait repensé les sièges afin que ces derniers offrent plus de fermeté, de soutien et de confort.

Des baquets ventilés sont même offerts pour la première fois à l’avant, à partir de la version SEL, la quatrième dans la gamme qui regroupe les déclinaisons ES, SE, LE, SEL, GT et GT Premium.

Mitsubishi offre aussi de nouveaux coloris, dont un brun riche avec la version haut de gamme, ainsi qu’un gris pâle qui se mêle au noir à partir de la proposition LE. Il y a du choix et c’est rafraîchissant.

En fait de design, on a revu certains trucs pour satisfaire les doléances des propriétaires. Par exemple, la console centrale a été élargie. Elle voit son volume de rangement passer de 2,9 à 4,2 litres. On a également déplacé les porte-gobelets pour un meilleur accès, tout en les faisant grossir. Et comme le diable est dans les détails, on a même pensé à les incliner légèrement et à l’opposé (93 et 87 degrés), de sorte que lorsque deux gros contenants y sont déposés, leurs couvercles ne se touchent pas. Le design du pavé de recharge pour cellulaires a aussi été redessiné pour une plus grande facilité d’utilisation.

Notons également que l’écran du système multimédia fait désormais 12,3 pouces à travers la gamme (c’était de 8,0 ou 9,0 pouces avant, selon la version). L’éclairage intérieur est également passé de l’incandescence aux DEL, pour une ambiance plus apaisante.

LE grand changement, toutefois, il se trouve avec la chaîne audio signée Yamaha.

Yamaha-Mitsubishi

Pour la première fois en Amérique du Nord, un véhicule Mitsubishi sera équipé d’une chaîne audio signée par Yamaha, fabricant d’instruments et spécialiste du son depuis 137 ans. Les deux entreprises n’en sont pas à leur premier partenariat, mais on a poussé la note avec l’Outlander afin de donner naissance à une chaîne de très haute qualité.

Deux versions de cette dernière sont proposées : Premium et Ultimate. La première, de série jusqu’à la version SEL, inclusivement, va compter huit haut-parleurs. Avec les variantes GT, elle va en dénombrer douze, y compris un caisson de graves. C’est surtout la mission donnée à chacun des haut-parleurs qui est impressionnante. Par exemple, avec la configuration qui en compte 12, on retrouve 4 « squawker » pour les fréquences médianes, 4 « woofer » pour les basses fréquences, ainsi que 3 « tweeter » pour les aigus.

Ajoutez à cela des réglages pour l’ambiance avec les modes Lively, Signature, Powerfull et Relaxing, ou encore des paramètres pour favoriser la meilleure sonorité pour le conducteur, le passager, les places avant ou arrière, ou encore tout l’habitacle.

On pourrait s’étendre longuement sur le sujet. Un travail de pro, de toute évidence. Notre temps a été limité à deux ou trois heures avec le modèle, ce qui n’est pas suffisant pour une analyse/évaluation sérieuse et honnête du travail effectué. Nous aurons l’occasion d’y revenir lors d’essais subséquents de ce véhicule.

Autres améliorations

Mitsubishi a apporté d’autres améliorations à son modèle, des trucs qui ne sont pas visibles, mais qui viennent rehausser l’expérience.

Par exemple, on a ajusté la fermeté de la direction en son centre, pour une expérience offrant plus de confiance aux conducteurs. L’insonorisation a aussi été rehaussée, pour entre autres faire profiter les occupants de la nouvelle chaîne audio. De légères retouches au châssis ont aussi été faites pour améliorer la stabilité et le confort. Enfin, les services connectés de Mitsubishi offrent plus de fonctionnalités, dont la possibilité de régler à distance la température intérieure au degré précis désiré.

Mécanique et conduite

Ce qui ne change pas avec cet Outlander 2025, c’est sa mécanique, un 4-cylindres de 2,5-litres délivrant 181 chevaux et 181 livres-pieds de couple. Cette puissance est distillée aux quatre roues via le travail d’une transmission automatique à variation continue (CVT).

Le hic, c’est que la puissance était déjà juste, et voilà que la nouvelle mouture du Outlander est plus lourde de 30 à 45 kg, selon la version. Sur le plat, ça peut aller, mais aussitôt qu’on doit gravir une colline, c’est laborieux. Et l’on vous épargne la souffrance imposée à nos tympans par le travail de la boîte CVT.

Pour un dépassement, il faut sortir sa calculette ; la réponse à l’accélération est lente et la progression est laborieuse et pas tellement linéaire. Bref, on aura du travail à faire lors de la refonte du modèle.

Avec la version PHEV, la puissance est bien supérieure (248 chevaux et 332 livres-pieds de couple), ce qui change la donne. Notez, concernant cette dernière, qu’elle ne profite pas des changements énumérés ici. Pour sa variante hybride rechargeable, Mitsubishi a l’habitude de faire suivre les modifications pour le millésime suivant. À suivre.

Conclusion

C’est un Outlander amélioré que Mitsubishi nous propose pour 2025. Le modèle conserve ses acquis, soit la troisième rangée pour les enfants, le rouage intégral S-AWC (Super-All Wheel Control), ainsi que sa garantie béton de 10 ans ou 160 000 km sur le groupe motopropulseur, des arguments de ventes béton.

Il propose en prime un habitacle d’excellente qualité, et désormais une chaîne audio prête à se mesurer à n’importe quelle concurrente.

Dans l’immédiat, ça va aider l’Outlander à poursuivre sur sa lancée. Cependant, à long terme, il faudra repenser ce design avant qui fait grimacer, ainsi que cette motorisation qui prend de l’âge et qui peine à l’ouvrage.

L’Outlander demeure, pour le moment, un très bon choix. 

Rencontrez l'auteur

Historien de formation, Daniel Rufiange a enseigné cette matière pendant 16 au secondaire avant de se tourner vers la chronique automobile, un métier qui lui permet de combiner ce champ de connaissance avec deux autres passions : l’écriture et l’automobile.