Galerie de photos



Göteborg, Suède — Souvent, à travers l’industrie automobile, on assiste à des modes, souvent passagères. Depuis quelques années, une tendance s’installe et fait des petits, soit celle de voir les constructeurs proposer des versions hors route de leurs VUS (une belle preuve que ces derniers ne peuvent pas vraiment s’aventurer très loin).
La chose n’est pas nouvelle, mais elle est aujourd’hui très répandue. Tellement que, si un constructeur ne propose pas de variantes pensées pour l’aventure, on en vient à se demander si quelque chose ne va pas. On exagère à peine, mais ça illustre l’ampleur de la tendance.
Dans certains, ça donne des produits fort intéressants. Pensons à une camionnette Colorado ZR2 chez Chevrolet, ou encore à la déclinaison Trail du Toyota RAV4. En d’autres occasions, le traitement est surtout une affaire d’image, d’apparence.
C’est la sensation que l’on a en présence du Volvo EX30 Cross Country 2026, un modèle que nous serions bien surpris de voir emprunter des sentiers accidentés. Volvo y va donc pour la forme avec ce modèle, avec un traitement propre à l’approche Cross Country chez ce constructeur.
C’est de bonne guerre.
Et avec l’EX30, Volvo propose le premier traitement Cross Country sur un modèle électrique. Nous avons passé une demi-journée au volant d’un exemplaire. Voici ce que ça a donné.

La formule
Pour rappel, c’est pour 1998 que Volvo présentait son premier modèle profitant du traitement Cross Country. L’heureux élu était la familiale V70. La thématique sera répétée à maintes reprises avec les voitures au toit allongé de la marque.
La formule est simple ; rehausser la garde au sol, plaquer le modèle d’appliques plastifiées autour des ailes pour une allure plus aventurière, en plus d’ajouter quelques fioritures ici et là (plaques de protection, logo, etc.).
Ainsi, l’EX30 Cross Country 2026 voit sa garde au sol être rehaussée de… trois quarts de pouces, soit 19 mm. Esthétiquement, le modèle profite également de pourtours d’ailes dotées de protections en plastique noir mat, de roues tout-terrain de 18 pouces, plus larges, le tout pour un style plus robuste. Le modèle essayé était chaussé de roues de 19 pouces, notez-le.
La touche la plus distinctive est certes cette moulure noire à la calandre. Celle-ci propose un motif topographique représentant la région du Kebnekaise, le point culminant de la Suède qui est situé dans le nord du pays, au-delà du cercle polaire. Les coordonnées de latitude et de longitude y sont même gravées. Autrement, on voit les mots Cross Country inscrits à certains endroits, comme sur une bande noire au pilier C ou encore discrètement sur le pare-chocs arrière.
C’est l’intention qui compte…

La suspension
Le changement qui paraît le moins avec ce modèle, on le trouve au châssis. En gros, on a ajusté les éléments suspenseurs afin que ces derniers offrent plus de souplesse, entre autres les amortisseurs et les barres antiroulis. C’est un changement que l’on perçoit bien derrière le volant, alors que l’EX30 devient un peu plus permissif. La version régulière, au comportement plus sportif, a tendance à sautiller un peu sur des routes dégradées. Avec cette version Cross Country, on a droit à quelque chose d’un peu plus civilisé.
Il est ironique que les retouches faites pour la conduite hors route servent davantage le modèle SUR la route.

Intérieur : place au développement durable
Les habitacles des produits Volvo ne font pas l’unanimité. Si vous aimez les trucs épurés, et la technologie, vous risquez d’aimer, car les boutons sont pratiquement inexistants. Tout se déroule à l’écran de 12,3 pouces du système multimédia, y compris l’accès à des fonctions usuelles. Malheureusement, ça nous force à quitter la route des yeux. Volvo propose bien les commandes vocales, mais ce n’est pas aussi convivial qu’un bon vieux bouton.
Visuellement, donc, c’est la simplicité volontaire. Ce qui est agaçant, c’est que devant le conducteur, c’est le néant total. Aucune information sur la vitesse, rien ! On doit se tourner pour regarder ce que l’écran central affiche, même nos clignotants. Tant mieux pour ceux qui aiment, mais personnellement, c’est non.
Pour la qualité, c’est bien fait, et surtout, c’est à la mode avec des matériaux responsables. On parle de 30 % qui sont faits à partir de procédés propres, alors que 70 % des surfaces proviennent de polyester recyclé. Ça grimpe à 100 % dans le cas des surpiqûres.
Volvo ajoute même une touche de luxe et de personnalisation avec cinq thématiques pour les couleurs d’ambiance, chacune s’inspirant de la nature suédoise. Bon, un A pour l’effort, mais ça demeure des couleurs neutres; vous devrez laisser aller votre imagination pour vous penser en Suède… ou ailleurs.
Pour le confort, c’est très correct, y compris à l’arrière… à condition de ne pas être trop grand.


La techno
Sur le plan technologique, vous avez droit à la plus récente version du système multimédia de Volvo, que la compagnie dit plus conviviale. L’interface est basée sur les services intégrés de Google, avec l’accès à la boutique de ce géant du web pour l’ajout de vos applications préférées. Pour la connectivité, Apple CarPlay est de la partie, mais pas Android Auto. En discutant avec les responsables, on nous expliquait que c’était à venir dans le cas du XC60 que nous avons aussi essayé sur place; on devine la même chose pour l’EX30 Cross Country.

Au volant
Le Volvo EX30 Cross Country profite d’une batterie de 69 kWh (64 kWh utilisables) et de la configuration la plus puissante du EX30, soit 422 chevaux et 400 livres-pieds de couple. C’est suffisant pour pouvoir effacer le 0-100 km/h en seulement 3,6 secondes. Avec de tels chiffres, vous aurez deviné que l’expérience est plus que satisfaisante lorsqu’on enfonce l’accélérateur.
À l’instar de la version régulière, le petit VUS est agréable à conduire, principalement en raison de son format qui le rend maniable sans trop d’efforts. Et à 4 206 livres, son poids, bien qu’important, n’est pas démesuré.
Qui plus est, les ajustements de suspensions font qu’on vit une meilleure expérience à la rencontre des imperfections de la route. En revanche, soyons sérieux, la conduite hors route demeure un fantasme avec ce produit. D’ailleurs, si vous voyez des EX30 Cross Country dans le bois, appelez les services d’urgence; ils sont probablement coincés.
Pour la recharge, une capacité de 153 kW est annoncée par Volvo, une puissance qui va permettre de faire passer le niveau d’énergie de la batterie de 10 % à 80 % en 26 minutes et des poussières. L’autonomie est annoncée à 365 kilomètres avec cette version, bien moins que les 420 km du modèle de base. Volvo mentionne que la conduite à une pédale comprend un modèle de récupération plus agressif. À voir. Notre essai a été trop court pour une analyse complète de la chose dans le cadre de ce lancement.
Aussi, le choix des pneus tout-terrain de 18 pouces viendra sabrer l’autonomie. Bref, tout ça laisse perplexe.
Enfin, pour la consommation, notre trajet d’un peu plus de 100 km s’est soldé par une moyenne de 18,0 kWh aux 100 km. L’ordinateur de bord indiquait une cote de 17,4 kWh pour 100 km, après un parcours total de 441,9 km. Ces chiffres permettraient d’aller chercher autour de 355 à 365 km. Ça donne une idée.

Conclusion
Vous aurez compris, avec la lecture de cet essai, que l’approche Cross Country avec l’EX30 est davantage une affaire de forme plutôt que de fonction. Certes, le modèle propose un tantinet plus de capacité, mais pas suffisamment pour en faire un baroudeur sérieux.
On le choisira parce qu’on aime son style, et aussi sa conduite, plus confortable. C’est peut-être là le principal avantage qu’on va tirer de ce modèle qui, au demeurant, demeure sympa, sans plus.
Souhaitons également un système multimédia et des gadgets technos plus fiables, des trucs qui plombent les cotes de fiabilité des produits Volvo depuis quelques années.

Le Volvo EX30 Cross Country n’est pas pour tout le monde, mais il devrait se trouver une clientèle.
Les prix nous seront communiqués ultérieurement. Notez que la version régulière est offerte à un peu moins de 55 000 $ au pays.