Résumé
Une révolution sous le signe de la continuité

Lexus a fêté cette année ses 35 ans d’existence. Nous avons eu l’occasion de participer aux festivités organisées par la division canadienne de l’entreprise et, la semaine dernière, à Vancouver, les dirigeants ont dévoilé pour la première fois au pays la huitième génération de la berline ES.

On se souviendra que cette dernière était là lors des débuts de la marque en 1990, en version ES 250.

Pour son prochain tour de piste, le modèle change drastiquement, et pas seulement en matière de design. Il est porteur d’une architecture grandement revue qui va lui permettre à la fois d’offrir des configurations tout électriques et une solution hybride.

La berline ES devient le premier véhicule du groupe Toyota à pouvoir faire cela. Parions que l’idée fera des petits.

Toujours est-il que nous avons pu examiner la nouvelle ES de près lors de notre passage à Vancouver la semaine dernière. Voici ce qui nous a frappés à propos de celle qui va lancer une nouvelle ère au sein de l’entreprise.

Un design tranchant

Parfois, d’une génération à une autre, l’évolution stylistique d’un modèle peut être timide. Ce n’est pas le cas ici, alors que la transformation est radicale. Outre le fait de toujours se trouver en présence d’une « quatre portes », le style change du tout au tout.

Ceux qui suivent les actualités automobiles de près auront peut-être l’impression de voir ici l’évolution du concept LF-ZC qui avait été dévoilé en 2023 au Salon de la mobilité du Japon. Eh bien, leurs yeux ne les trompent pas; la nouvelle ES est directement inspirée de cette étude.

En gros, elle déballe un nouveau langage stylistique. Il respecte une certaine tradition récente instaurée par la marque, soit la présence d’une grille en forme de sablier. C’est beaucoup plus discret maintenant et avec la version tout électrique photographiée dans une concession de Vancouver, c’est très épuré en raison de l’absence des prises d’air traditionnelles à l’avant (pour la respiration du moteur à essence).

De nouveaux phares et feux offrant une signature en L, un profil fluide qui nous donne l’impression qu’on a éliminé le coffre (ce qui n’est pas le cas), de nouvelles jantes aérodynamiques (19 ou 21 pouces), voilà ce que l’on remarque le plus en jetant notre regard sur le modèle.

Tout ça et cette ligne noire contrastante sur les flancs. Elle ne semble pas faire l’unanimité, mais on vous laisse en juger. Ce qui est certain, c’est qu’elle ajoute du caractère à l’ensemble.

Un cocon entièrement repensé

À l’intérieur, tout a été revu également. Les acheteurs traditionnels de ce modèle vont pleurer le départ de quantité de commandes physiques, au profit de contrôles tactiles et haptiques. Si ça épure la présentation et que, visuellement, c’est de bon goût, on se doute qu’on va pester avec certaines fonctionnalités qui vont se retrouver à l’écran, comme les contrôles pour la climatisation.

Malgré tout, on a droit à quelques trucs intéressants, notamment ce pavé double pour la recharge de téléphones cellulaires. Les contrôles pour la mémorisation des sièges se trouvent aussi devant les occupants avant, plutôt qu’aux portières, ce qui simplifie l’accès à ces réglages. Pour le volume de la chaîne audio, rassurez-vous, c’est physique, avec une roulette intégrée dans la bande horizontale de la planche de bord, qui fait la largeur du véhicule.

Et parlant de cette planche de bord, elle hérite de la nouvelle interface multimédia de Lexus, qu’on nous promet plus simple et plus réactive, avec une réponse améliorée et plus prompte aux commandes vocales. Les applications Apple CarPlay et Android Auto seront également de la partie, avec une connexion sans fil. Le tout prend forme sur un écran de 14 pouces. Devant le conducteur, la surface affichant les informations de conduite s’anime sur une diagonale de 12,3 pouces.

Le volant offre une prise en main légèrement différente. Il se veut très mince, ce qui contraste avec l’offre de certains concurrents. Les sièges nous ont semblé de très bonne facture et parce que l’habitacle a gagné 16,5 centimètres en longueur, les places arrière offrent un dégagement plus que généreux.

D’ailleurs, sur la version 350 électrique du modèle (la seule livrée à traction), il sera possible d’opter pour l’ensemble exécutif qui livre des places arrière avec fonction d’inclinaison, un repose-pieds du côté droit, de même que des réglages pour le massage, la ventilation et le chauffage des places assises.

Du reste, la qualité semble excellente et, comme les marques de luxe le font toujours, on cherche des moyens de se démarquer. C’est remarquable à l’observation des intérieurs de portières qui portent des panneaux de bambou, imprimés en 3D et agrémentés d’un éclairage d’ambiance qui se glisse derrière, pour un effet plus chic. Une chaîne audio Mark Levinson vient compléter les caractéristiques visibles de ce milieu de vie repensé.

Trois solutions mécaniques

Pour l’animation du modèle, on le mentionnait, cette Lexus ES sera le premier véhicule de la compagnie à offrir le choix entre une motorisation à essence (hybride) et une autre tout électrique. Cela a été rendu possible grâce aux modifications apportées à la structure TNGA GA-K du groupe Toyota.

Concrètement, on va retrouver trois versions au catalogue : ES 350h, ES 350e et ES 500e. Le rouage intégral est de série avec la première et la troisième, alors que la deuxième est à traction uniquement.

Avec la version hybride, on va découvrir sous le capot un 4-cylindres de 2,5-litres accompagné d’un système hybride. Lexus promet un groupe motopropulseur plus léger. La marque introduit également un nouveau système pour la gestion de l’unité de contrôle et de la boîte de vitesses, soit eAxle. Nous verrons à l’usage.

Pour les deux versions électriques, on sait pour le moment que Lexus estime l’autonomie à 480 km environ avec le modèle à traction. Ce sera bien sûr moindre avec les autres. Une fois de plus, c’est en prenant le volant du modèle que nous aurons de meilleures impressions de tout ça.

Sur le papier, tout semble aller dans la bonne direction.

Conclusion

Trente-cinq ans après ses débuts, la berline ES se refait une autre beauté, mais cette fois, le changement est plus drastique. Le modèle vient en fait établir un pont entre le présent de la marque et son avenir, qui sera de plus en plus électrifié.

Et pariez que nous aurons droit à d’autres modèles qui offriront à la fois des solutions tout électriques et hybrides, voire des approches hybrides rechargeables.

La Lexus ES 2026 doit faire ses débuts à l’aube du printemps prochain. Nous aurons à ce moment plus de détails à partager avec vous.

Rencontrez l'auteur

Historien de formation, Daniel Rufiange a enseigné cette matière pendant 16 au secondaire avant de se tourner vers la chronique automobile, un métier qui lui permet de combiner ce champ de connaissance avec deux autres passions : l’écriture et l’automobile.