Industrie automobile : le Canada signe une entente de principe avec la Corée du Sud
Le gouvernement fédéral vient de poser un geste lourd de sens pour l’avenir de l’industrie automobile canadienne. En effet, Ottawa a officiellement signé une entente de principe avec la Corée du Sud visant à favoriser l’implantation d’une usine d’assemblage en sol canadien. Sans surprise, l’électrification, la sécurité des chaînes d’approvisionnement et la souveraineté industrielle sont au cœur des préoccupations de l’entente.
Après l’entente de principe avec le gouvernement chinois, c’est désormais avec la Corée du Sud que le Canada espère attirer et éventuellement bonifier son industrie automobile locale qui, rappelons-le, est fortement menacée depuis l’imposition des tarifs douaniers de l’administration Trump.
L’entente a été paraphée par la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, et son homologue sud-coréen, Jung-Kwan Kim. Elle s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la « prospérité économique » des deux pays tout en solidifiant la résilience des chaînes d’approvisionnement, un enjeu devenu stratégique depuis les perturbations majeures des dernières années. Dans un communiqué, le ministère de l’Industrie précise qu’un forum bilatéral Canada–Corée sera mis sur pied afin de structurer cette collaboration industrielle et de faciliter les échanges entre gouvernements et acteurs du secteur.
L’ambition est claire, soit celle de développer une empreinte industrielle automobile coréenne au Canada. Cela inclut la création d’occasions de fabrication locale dans le secteur des véhicules électriques, mais aussi, plus largement, l’intégration du Canada dans l’écosystème industriel des grands groupes sud-coréens. Une façon pour Ottawa de se positionner comme une plateforme nord-américaine crédible pour l’assemblage, l’approvisionnement et éventuellement le développement de technologies liées à l’électromobilité.
Pour la ministre de l’Industrie et responsable du Développement économique pour les régions du Québec, cette entente contribuera à faire croître le secteur automobile canadien, à créer des emplois de qualité et à consolider la place du pays comme « chef de file mondial de la fabrication de véhicules tournés vers l’avenir ».

Rappelons qu’à une autre époque, dans la région de Bromont au Québec, Hyundai avait érigé une usine d’assemblage pour la toute première Sonata. Le complexe avait été construit en 1986 et avait généré 800 emplois dans la région. Malheureusement, l’aventure n’aura même pas duré 10 ans, alors qu’en 1994, le constructeur a annoncé qu’elle fermait son usine québécoise.
Cette nouvelle entente avec la Corée du Sud pourrait être bénéfique pour l’industrie canadienne locale. Reste maintenant à voir si cette ouverture diplomatique se traduira par des investissements concrets d’ici quelques années.

