8,3 / 10
Résumé
Un dernier tour de piste en belle maturité

Pour

Confort remarquable
Valeur sûre à long terme
Versatilité à faire rougir tout VUS

Contre

Modèle vieillissant
Consommation élevée en ville
Volant insuffisamment télescopique
8,310
Ce score est attribué par notre équipe d'examinateurs experts après des tests approfondis de la voiture.
DESIGN7,5 / 10
SÉCURITÉ9,0 / 10
HABITABILITÉ9,5 / 10
CONVIVIALITÉ9,0 / 10
CARACTÉRISTIQUES8,5 / 10
PUISSANCE8,0 / 10
CONFORT9,0 / 10
AGRÉMENT DE CONDUITE7,5 / 10
CONSOMMATION DE CARBURANT6,5 / 10
VALEUR8,0 / 10
Critique détaillée

S’il est une belle surprise en ces temps économiquement étranges pour le monde de l’automobile, c’est bien la remontée des ventes des minifourgonnettes. Après la ruée sur les VUS des jeunes familles, quelques-unes ont certainement remarqué qu’elles sont plus pratiques pour loger marmaille et trouvailles. Les versions hybrides des Sienna, Pacifica et Carnival y sont sans doute aussi pour quelque chose, elles qui conjuguent espace minibus et frugalité compacte. La bonne vieille Odyssey, jadis référence de la catégorie, mais ne comptant que sur l’essence pour voyager, est un peu à la traîne de cette tendance. L’année 2026 sera la neuvième (!) saison de ce modèle que j’ai inauguré avec ma famille lors de son lancement en 2017. C’est que Honda a fait patienter sa grande dame pour mieux lancer les nouveaux Pilot et Passport. On a donc espoir que 2027 apportera du neuf, et l’hybridation serait de la partie, mais pour le moment, passons un peu de temps avec cette vieille amie pour en apprécier la belle maturité.

Design 7,5 / 10

Les masses ont beau pourfendre les minifourgonnettes – même l’actuelle saison de Grey’s Anatomy leur a tiré une flèche – ce n’est pas moi qui vais critiquer une Odyssey pour ce qu’elle est. Si ce véhicule a pu traverser autant d’années, c’est qu’il était bien né. Les stylistes de Honda lui ont appliqué un nez pentu qui fend l’air, sans s’embarrasser de « faire VUS » comme chez la Kia Carnival. Des vagues dansent sur les vastes tôles des flancs, animant la vue de profil et surtout celle de ¾ arrière quand la lumière frappe juste comme il faut. Les glaces et ceintures de caisse créent une topographie qui brise la longueur de l’empattement massif et les révisions des dernières années ont réduit les chromes et autres garnitures qui étaient trop clinquants sur l’édition 2018 qui a marqué le début de cette génération. L’habitacle reste sobre et de bon goût, notre Touring d’essai respirant le bon cuir neuf et livrant des airs d’Acura, même si l’ensemble commence à dater avec son écran modeste et ses touches mécaniques – parfois dater a du bon!

Puissance 8 / 10

Les moteurs V6 commencent à se faire rares, mais le maintien de cette motorisation dans les nouveaux Pilot et Passport démontre que Honda croit dans leurs vertus lorsque boulonnés à de plus lourds véhicules. Le 3,5-litres qui équipe toutes les Odyssey est un classique du genre, son timbre feutré de baryton prenant un crescendo notable quand la pédale de droite lui commande de mettre en action le calage variable des soupapes VTEC. Fort de 280 chevaux et 262 lb-pi de couple, ce moteur rappelle les V8 d’antan par le faible effort perçu pour déplacer les quelque 2 090 kg de notre Touring. Que ce soit sur une bretelle d’autoroute, lors d’un dépassement ou même juste pour s’élancer d’un arrêt, les chevaux ne font jamais défaut et la boîte à 10 rapports optimise la livraison aux roues avant, que l’Odyssey peut faire patiner sans peine sur le sec. Familiale, l’Odyssey, mais pas pataude! Par ailleurs, la présence de ce V6 rassure quand on exploitera la capacité de remorquage de 1 587 kg.

Agrément de conduite 7,5 / 10

L’Odyssey de seconde génération, conçue pendant l’âge d’or d’Honda, était étonnamment sportive pour sa catégorie, mais fermement suspendue. La génération actuelle est plus alignée sur les attentes de la clientèle du moment, souvent composée de familles, de retraités ou de chauffeurs de taxi. À cet effet, l’Odyssey exploite la souplesse de sa mécanique pour évacuer tout souci, les suspensions indépendantes affirmant haut et fort leur mission confort. Compétente, l’Odyssey ne se couchera pas sur ses portes coulissantes si vous la lancez dans un virage sec à 90°, mais elle ne vous incitera pas non plus à aller défier des routes en lacet. Le modus operandi ici est de profiter de la sérénité du voyage, avec la confiance sous-jacente que ce grand véhicule peut se débrouiller fort convenablement si on pousse la cadence. Et ce museau court est un plaisir à placer dans la circulation, offrant une vue panoramique vers l’avant.

Convivialité 9 / 10

L’Odyssey est là pour vous faciliter la vie. Les portières coulissantes électriques, dorénavant de série pour tous les modèles, offrent une grande ouverture, ce qui, jumelé avec les sièges centraux coulissants, offre un dégagement net pour passer à la rangée arrière plus facilement que dans n’importe quel VUS. Et même tout au fond, les passagers vont profiter de rideaux coulissants pour déjouer le soleil – ceux du centre en ont aussi, évidemment. Ces derniers disposent de leur propre panneau de commande pour le chauffage et la ventilation, le conducteur ayant le choix de leur laisser cette liberté – ou non. Tous les modèles sauf l’entrée de gamme disposent d’un hayon arrière électrique, bonifié d’une fonction mains libres dans notre Touring. Une fois l’hiver venu, on va apprécier le dégivrage sous les longs essuie-glaces, le volant et sièges avant chauffant et le démarreur à distance, tous offerts de série. Et c’est à l’usage que l’on découvre une foule de petites attentions, comme les prises 12V, 115V, USB A et C et ce fameux petit miroir convexe au plafonnier pour surveiller sa marmaille!

Sécurité 9 / 10

Toutes les Odyssey sont égales face à l’adversité, les quatre livrées profitant de la même suite d’aides à la conduite « Honda Sensing ».  Régulateur de vitesse adaptatif, phares de route automatiques, surveillance des angles morts, freinage à réduction d’impact, alerte de circulation transversale arrière, alerte de collision, avertissement et assistance de sortie de voie, reconnaissance des panneaux – tout ça est offert de série. Sur notre modèle d’essai tout neuf et non rodé, nous avons dû désactiver les phares de route automatiques qui ont ébloui plus d’un automobiliste. L’assistance au maintien dans la voie semble moins performante que celui des produits Honda plus récents, avec un net effet « ping pong » entre les lignes de marquage, mais encore là, il peut s’agir d’un calibrage à parfaire sur ce véhicule neuf. Pour quand ça va mal, la palme « Top Safety Pick » de l’IIHS et les cinq étoiles accordées à la suite des essais de collision de la NHTSA rassurent.

Caractéristiques 8,5 / 10

Dans les dernières années, Honda a simplifié la gamme Odyssey pour aligner quatre livrées qui suivent les nomenclatures contemporaines du manufacturier. La Sport de départ offre déjà jantes en alliage de 18 pouces, portières coulissantes électriques, toit ouvrant, climatisation à trois zones, sellerie en tissu, sonorisation à sept haut-parleurs, la projection sans fil d’appareil intelligent, un système de divertissement arrière à écran escamotable de 12,8 pouces et prise HDMI. La Sport-L ajoute principalement un parebrise acoustique, une sellerie cuir/similicuir et des mémoires pour le siège conducteur. Dans notre Touring d’essai, les jantes passent à 19 pouces, l’infodivertissement gagne la navigation intégrée et la sonorisation passe à 11 haut-parleurs (dont le rendu est palpable), une borne wifi s’ajoute, le verre devient acoustique à toutes les portières et le stationnement est facilité par des radars avant et arrière. Enfin, la Black Edition est essentiellement une Touring avec garnitures noircies et surpiqûres rouges aux sièges de cuir.

Habitabilité 9,5 / 10

Si les minifourgonnettes dominent les VUS quant à leur volume habitable, certaines font mieux que d’autres. Le fameux « siège magique » 60/40 en troisième rangée se replie à plat dans le plancher, mais pour les trois sièges individuels du centre, il faudra sortir vos muscles pour les extraire au besoin du véhicule. Ce mode cargo est nettement plus impressionnant que chez la Sienna et la Carnival dont les seconds rangs sont inamovibles. Seule la Pacifica à essence fait mieux avec ses sièges Stow ‘n Go logés dans le plancher. Peu importe quels sièges sont relevés, l’Odyssey loge presque autant qu’un Chevrolet Suburban – imbattables les minifourgonnettes! Et pour les passagers, huit adultes pourront s’y caser et six seront en grand confort, votre serviteur de 1,80 m étant parfaitement à l’aise tout à l’arrière. Tous trouveront aussi une abondance de rangements çà et là dans l’habitacle.

Confort 9 / 10

Dépourvue de la masse non suspendue des rouages intégraux des VUS et dotée d’un empattement de forte longueur, l’Odyssey affiche une douceur sur la route qui rappelle les grandes américaines d’autrefois, mais sans leur flottement nautique. Le « capitaine » profite d’un trône de cuir bien profilé aux moult ajustements, avec accoudoirs réglables fixés au dossier. Les passagers de la rangée centrale profitent aussi de baquets aussi bien dessinés que ceux d’en avant, et peuvent replier le siège central pour en faire un accoudoir de grande largeur, offrant un confort de « La-Z-Boy » comme me l’a dit une passagère. Et tout derrière, la banquette n’a rien d’un banc de punition. Tout ce monde sera serein en l’absence de bruits, éoliens comme mécaniques. Le 10e rapport garde le moteur à 1 500 tours/min à 100 km/h, et sur le plat le couple fait des miracles, car il ne faut que 100 tours de plus pour rouler à 119 km/h.

Économie de carburant 6,5 / 10

Si votre auteur n’est aucunement stigmatisé par la nature des minifourgonnettes, il reste fort sensible à leur appétit en hydrocarbures. Sans hybridation, en circulation urbaine mixte l’Odyssey doit souvent arracher sa masse de l’immobilité et laisse transparaître ses efforts à la pompe, notre moyenne observée étant de 12,6 L/100 Km, légèrement supérieure à la cote ville RNCan de 12,2 L/100 km. Ça reste drôlement mieux que chez les grands VUS tels l’Expedition, mais nettement plus glouton que chez la concurrence hybride, sans parler de l’ID.Buzz électrique. Au moins, l’Odyssey s’abreuve d’essence ordinaire.

Valeur 8 / 10

Pour monter à bord d’une Odyssey, il faut allonger au moins 51 420 $ pour une Sport; passer à la Sport-L demande un déboursé supplémentaire de 3 000 $. Notre Touring « toute garnie » commande 59 820 $ et sa version noircie 61 620 $. Chère, l’Odyssey? La Sienna commande le même prix d’entrée et offre la mécanique hybride en échange d’un contenu moindre. Et sachez qu’une Sienna Limited frôle les 75 000 $! La Pacifica débute à quelques milliers de dollars de plus, la Grand Caravan, version dépouillée pour les flottes, légèrement moins. Débutant à moins de 45 000 $, seule la Kia Carnival s’avère plus abordable, mais cet avantage s’évapore à la revente. L’Odyssey est finalement offerte à budget compétitif pour le segment, et la version Sport d’entrée de gamme remporte ici la palme de la valeur.

Conclusion

Divulgâcheur : ma propre progéniture est passée de la poussette à l’université à bord de deux Odyssey qui ont cumulé 21 ans d’immatriculations sous ma houlette. Inutile de s’en stigmatiser, rien ne bat une minifourgonnette pour l’usage familial, et une fois les enfants devenus adultes, après 11 ans d’usage nous n’avons subi que 40% de dépréciation en revendant la nôtre à une jeune famille. Et le cercle de continuer! Le modèle actuel a beau être aux portes de la retraite, il conserve intactes les vertus de sa lignée, et pour qui a regardé le prix des véhicules neufs ces temps-ci, on peut s’offrir une Odyssey au prix de certains VUS compacts. Si la consommation vous chatouille dans le mauvais sens, la prochaine génération offrira probablement un V6 hybride, mais pour l’instant le modèle actuel avec sa belle maturité est une valeur sûre pour le long terme.

Caractéristiques
Cylindrée
3,5 L
Nb. de cylindres
V6
Puissance
280 ch @ 6 000 tr/min
Couple
262 lb-pi @ 4 700 tr/min
Consommation de carburant
12,2 / 8,5 / 10,6 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement
929 / 2 452 / 3 973 L
Modèle à l'essai
Honda Odyssey Touring 2026
Prix de base
59 820 $
Taxe climatiseur
100 $
Frais transport et préparation
2 000 $
Prix tel qu’essayé
63 005 $
Équipement en option
1 085 $ (Peinture Gris sonique, 300 $; Ensemble de protection (tapis toutes saisons, plateau de coffre), 785 $)

Rencontrez l'auteur

Daniel Beaulieu est un ingénieur en transports bilingue de la région de Montréal affligé d’une passion aigüe pour tout ce qui touche à l’automobile. Ayant fait ses débuts comme chroniqueur automobile / pigiste chez Car and Driver, Daniel est devenu par la suite collaborateur et réviseur au Guide de l’auto, à l’imprimé comme sur le web. Daniel s’est joint à la famille du groupe Trader en 2015 où il partage avec les lecteurs ses aventures sur quatre roues.