Galerie de photos



Pour
Contre
Avec un vol de retour annulé en raison d’un conflit de travail chez un transporteur national, ma famille et moi avons prix les moyens du bord pour revenir d’outre-mer, transitant par l’Afrique pour finalement aboutir sur notre continent à New York, où la loterie de la voiture de location nous a remis les clés d’un GMC Terrain 2025 de base qui portait déjà plusieurs cicatrices à ses tôles. On s’est alors tapé huit heures de route vers la maison avec cet utilitaire dont le manque de support des sièges et les hésitations de la boîte de vitesses ne nous ont pas laissé fort bonne impression - les véhicules de location ne l’ont pas facile, allez savoir de quels abus avait souffert notre destrier. Le Terrain méritait donc une seconde chance sous de meilleures prémisses, et voilà donc qu’on nous confie les clés d’un Denali 2026. Place à l’examen de reprise!
Design 7,5 / 10
Chez GMC, on parle « camion » et à cet effet le Terrain présente une ligne équarrie, avec capot et calandre massifs qui alourdissent visuellement l’avant alors que vu de profil, l’arrière semble presque tronqué. Si la ligne est de son temps et que la peinture bleue est absolument superbe, le Terrain se fond un peu dans le décor et les chromes de la livrée Denali en font un peu trop, quoiqu’ils s’assortissent bien à ce bleu bien hivernal. Plus d’un badaud voyait d’ailleurs le Terrain plus gros qu’il ne l’est, un attribut de ce style très « bébé Yukon », lui donnant une certaine prestance qu’un Tucson ou Forester n’offre pas. À l’intérieur, le Denali offre de superbes sièges en cuirs perforés et de subtiles boiseries aux portières. L’écran central domine le paysage et si le haut de la planche de bord offre une certaine élégance, l’œil croise ailleurs beaucoup de plastiques durs.
Puissance 7 / 10
Sous le capot, un peu perdu tout au fond, on retrouve un 4-cylindres turbocompressé de 1,5-litre marié à une boîte automatique à huit rapports avec traction intégrale débrayable (le niveau Elevation offre aussi une version à traction et boîte CVT). Avec ses 175 chevaux, ce moteur est typique de la mouvance où de petits moteurs turbo remplacent de plus grosses cylindrées. Discret, le petit moteur affiche son couple solide à bas régimes en ville, là où ce type de motorisation excelle, mais c’est en le lançant sur une bretelle d’autoroute, pied droit solidement au tapis, qu’on constate un rapport poids-puissance peu enviable. Le Nissan Rogue à trois cylindres est plus vif, c’est tout dire… Reste que si vous êtes nostalgiques de l’époque où tout véhicule n’avait pas à être sportif, le Terrain est votre homme. Souple et compétent au quotidien, ce n’est que lors d’un dépassement qu’on s’ennuiera des V6 d’antan, le « quatre » s’acquittant honnêtement de son boulot. Le Terrain offre une capacité de remorquage modeste de 680 kg (1 500 livres) avec la traction intégrale ou de 363 kg (800 livres) avec la traction.
Agrément de conduite 7 / 10
La livrée Denali, nouvelle pour 2026, possède des amortisseurs aux tarages exclusifs qui, avec les pneus 19 pouces de série et les gommes d’hiver Continental du modèle d’essai, lui permettaient de flotter littéralement au-dessus des irrégularités de la chaussée. Ces pneus, vous ne les sentirez pas, même quand ils glissent sur la glace vive de janvier. Vous remarquerez la perte d’adhérence, mais sans la ressentir par le volant ou le « siège » de vos capteurs internes. Le Terrain isole de la route comme les belles américaines d’autrefois, et avec le bitume hivernal délabré, ce n’est pas une mauvaise affaire. GM s’y connaît en amortisseurs, les meilleures marques mondiales s’y approvisionnant, et ici, malgré le devis confort, tangage et roulis sont bien contrôlés. Oui, il « porte bien » ce Terrain, mais pour le plaisir – rare certes dans cette catégorie –, il faudra regarder ailleurs.
Convivialité 7,5 / 10
Comme le témoigne mon expérience estivale, les produits GM se retrouvent souvent dans les flottes de location, gage usuel d’intuitivité, mais ici on a droit à une certaine courbe d’apprentissage. Renouvelé pour 2025, le Terrain a troqué ses touches de changement de vitesse pour un levier corporatif sis à la droite de la colonne de direction, comme jadis. Sur la gauche, on retrouve toutes les commandes des essuie-glaces avant / arrière montées sur le levier des clignotants – garanti que vous allez en clignoter un coup le temps d’en maîtriser les subtilités –, mais on s’y fait.
L’immense écran tactile standard de 15 pouces se seconde par des touches mécaniques au bas, lesquelles sont passablement loin du regard quand on conduit. Curieusement, GMC a choisi de mettre les commandes des phares dans l’écran tactile, ce qui n’est pas intuitif quand on les cherche rapidement. Idem pour le plafonnier ou les caméras de périphérie qu’on souhaite rapidement actionner dans un parc de stationnement. Ajoutons aussi que des touches de fonction audio logent sous les palonniers de changement de rapport, derrière les branches du volant. Oui, vous allez changer de poste de radio en pensant rétrograder, ou vice-versa!
Sécurité 7 / 10
Apparues en 2025, les générations actuelles des cousins Equinox et Terrain n’ont pas encore subi les épreuves de l’institut des assureurs américains, et à voir les résultats des 2024, les ingénieurs avaient du boulot à faire pour en améliorer les notes. La NHTSA leur accordait pourtant cinq étoiles, mais eux non plus n’ont pas évalué les modèles courants. Au niveau des aides à la conduite, GMC offre de série la surveillance des angles morts avec détection latérale des cyclistes, l’aide au maintien de voie (mais sans direction active), l’alerte de prévention de collision, le freinage automatique d’urgence en marche avant comme arrière avec alerte de circulation transversale, le radar de stationnement arrière et un siège conducteur avec alerte de sécurité. Cette technologie se démocratise chez GM et fait moins sursauter vos passagers en faisant vibrer le baquet du côté de l’alerte plutôt que d’émettre des sons stridents, et c’est aussi efficace que discret. Le Denali offre de série certains éléments qui sont optionnels pour les autres livrées, soit la détection de piétons à l’arrière, la reconnaissance de panneaux et des caméras de vision périphériques.
Caractéristiques 8 / 10
La gamme Terrain débute avec le niveau Elevation, offrant de série sièges avant et volant chauffants, infodivertissement de 15 pouces avec Google intégré, Apple CarPlay et Android Auto sans fil, des applis connectées 5G, la borne WiFi et la radio satellite, six haut-parleurs, le démarreur à distance, la neutralisation active du bruit, la clé intelligente, le régulateur de vitesse intelligent (très efficace), la sellerie en tissu, des jantes en alliage de 17 pouces et des rétroviseurs chauffants à réglages électriques. La livrée AT4 grime le Terrain en baroudeur avec une plaque de protection à l’avant, des tarages de suspension exclusifs et des pneus tout-terrain de 17 pouces, en plus d’ajouter le hayon électrique mains libres, des rails de toit et le groupe remorquage, les sièges à réglages électriques et support lombaire réglable, la climatisation bizone, les essuie-glaces automatiques et la recharge sans fil. Notre Denali de production hâtive était dépourvu du toit panoramique maintenant offert de série, mais possédait les autres attributs de cette livrée, soit des sièges ventilés à l’avant et chauffants à l’arrière, un rétroviseur-caméra, des antibrouillards et une sellerie de cuir véritable avec mémoires pour le siège du conducteur. Les trois livrées ont évidemment des signatures visuelles distinctes, mais se partagent hélas une même chaîne audio dont les performances sont bien en deçà des attentes, particulièrement chez le Denali où l’absence de l’usuelle griffe Bose, même en option, étonne. Autrement, les Terrain sont bien garnis et la carte des options permet de rehausser le contenu de la livrée Elevation pour en faire un « Denali sans chromes », si c’est ce qu’on souhaite!
Habitabilité 8 / 10
Notre retour à la maison mouvementé de l’été dernier nous a démontré que cinq adultes avec bagages peuvent franchir du terrain en Terrain. Le plancher quasi plat à l’arrière et la forme équarrie de la carrosserie optimisent le volume habitable, tout comme celui du coffre où cinq bagages de cabine et autres effets personnels se sont tous logés. Au quotidien, sans le stress de ce retour de vacances en différé, notre Denali a offert dans la ville enneigée une belle complicité au quotidien avec bottes et manteaux, les ouvertures de portes facilitant l’accès et le hayon offrant une belle hauteur sous laquelle mes 1,80m entrent sans risque crânien. Il ne manque au Terrain que des parois de coffre souples, moins faciles à rayer, et un cache-bagages de série, lequel est optionnel même pour le Denali.
Confort 8,5 / 10
Vraiment, le Terrain Denali roule sur un nuage. De mémoire de chroniqueur, je n’ai pas souvenir d’un véhicule ayant plus limé les horribles bretelles de l’ouest de Montréal autant que ce petit GMC. On voit les cratères, on se crispe … et on flotte par-dessus. Les baquets du Denali n’ont aussi rien à voir avec ceux de la livrée Elevation dénuée d’options loué l’été dernier. Avec un support lombaire réglable qui manque aux sièges de base, les baquets de cuir s’effacent dans votre dos, mais l’assise m’a semblé un peu courte, de sorte qu’il faut jouer sur plusieurs réglages pour parfaire sa position de conduite, qu’on met aussitôt en mémoire. GMC a toutefois très bien positionné les accoudoirs, tant celui du centre que celui de la portière étant fort utiles. Sonorisation fermée, on remarque un vrombissement issu des pneus d’hiver Continental du véhicule d’essai, mais l’éolien est toutefois bien maîtrisé, tout comme les bruits mécaniques, le moteur étant inaudible sur l’autoroute à vitesse constante (environ 2 200 tours/min à 119 km/h, et aussi peu que 1 600 tours à 100 km/h) – le contrôle actif du bruit démontre ici son efficacité.
Économie de carburant 7 / 10
Avec un essai en plein mois de janvier ponctué de températures froides, de neige et de glace, le discret système d’arrêt-départ n’a pas pu faire de miracles et notre moyenne observée a été de 11,5 L/100 km, soit passablement plus que les cotes RNCan qui elles-mêmes démontrent qu’un petit moteur turbo n’arrive pas toujours à faire des miracles face aux lois de la physique, surtout avec les nombreux arrêts-départs de la conduite urbaine. Autre adepte du petit moteur, le Nissan Rogue fait drôlement mieux, en réel comme en labo. Les Terrain se contentent d’essence ordinaire, malgré la turbocompression.
Valeur 7 / 10
Le Terrain Elevation à traction ouvre les enchères à seulement 35 899 $ avant les frais, note qui va croître de 2 300 $ pour acquérir la traction intégrale (TI) et sa boîte de vitesse à huit rapports, un surclassement recommandé. Le baroudeur AT4 et ses rehaussements de contenu demandent un déboursé de 43 899 $, tandis que le Denali commande 49 799 $, toujours avant frais. Notez que les Denali de première production, comme notre sujet, vous feront épargner 2 200 $ vu l’absence de toit ouvrant panoramique. Hautement personnalisable, le Terrain n’offre que le blanc sans frais alors que toute autre couleur ou ensemble deux tons demandent un supplément. Un usage judicieux de la carte permet d’en arriver à 42 289 $ avant frais pour un Elevation TI avec une belle peinture et le groupe haut de gamme qui comprend les précieux sièges multiréglages, la bonne affaire de la gamme à mon avis. Mais si la traction ne vous effraie pas et que vous ne passez pas de longues heures au volant, la version de base fait figure d’aubaine, étant même moins chère que la concurrence coréenne.
Conclusion
Si les constructeurs américains excellent dans les segments des camionnettes ou des bolides de piste, ils font rarement des étincelles avec les modèles grand public. Le Terrain ne laisse effectivement pas une solide première impression face à la concurrence asiatique, et je ne parle même pas ici de mon modèle de location!
Au fil des jours, on l’apprécie davantage et on réalise qu’il affiche un bel équilibre, sans se distinguer ouvertement dans rien, sinon l’aspect confort, et ce petit côté un peu « gratifiant » du Denali qui plaît bien. Pour qui s’est fait voler son CR-V ou RAV4 à quelques reprises, et dont l’assureur s’impatiente, il pourrait constituer une option de rechange valide, surtout qu’étant l’un des moins vendus de sa catégorie, vous serez tranquille. Sans être un premier de classe, le Terrain a donc réussi à sa manière son examen de reprise. Le transporteur national, lui, a encore des croûtes à manger avant de mériter sa seconde chance.

