Futur camion électrique abordable : Ford veut réduire les coûts... et imiter Tesla
L’automobile électrique vit assurément une période plus creuse en ce moment, mais ça ne veut pas dire que l’industrie abandonne l’idée pour autant. Trop d’investissements ont été réalisés pour reculer à ce point-ci, et malgré toutes les embûches – retrait des incitatifs gouvernementaux, abolition des normes sévères aux États-Unis, coût initial, etc. –, il y a assurément un avenir pour l'automobile électrique.
D’ailleurs, même un géant comme Ford, qui a récemment annoncé le retrait de son F-150 Lightning et qui essuie des pertes financières considérables avec ses investissements électriques, continue de croire à ce rêve électrique.
Il y a quelques mois à peine, le constructeur de Dearborn nous dévoilait sa plateforme électrique universelle, sans trop donner de détails. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais le projet est encore sur le radar pas si lointain de la marque. En ce 17 février 2026, le constructeur a levé le voile sur de nouveaux détails entourant le développement du tout premier modèle basé sur cette architecture : une camionnette intermédiaire à 30 000 $, dont le lancement est prévu pour 2027.
La présentation complète de ce nouveau pickup intermédiaire est prévue avant la fin de l’année. Cette nouvelle camionnette misera notamment sur un système électrique de 48 volts ainsi que sur un design plus aérodynamique, notamment grâce à des rétroviseurs latéraux 20 % plus petits que des rétroviseurs conventionnels.
On comprend en écoutant la courte vidéo déposée sur le compte Ford sur YouTube que l’entreprise cherche à tout prix à réduire les coûts de production, mais aussi à simplifier au possible cette nouvelle génération de véhicules électriques. Cette vision est le fruit d’une nouvelle approche interne. En effet, Ford se donne des objectifs mesurables à ses équipes d’ingénieurs.
Déjà, le constructeur estime que le véhicule offrira près de 50 milles (ou 80 km) d’autonomie supplémentaire par rapport au camion intermédiaire à essence le plus aérodynamique actuellement offert sur le marché.
« Notre objectif ultime est de démocratiser le véhicule électrique », a déclaré Alan Clarke, directeur exécutif du développement avancé des véhicules électriques. « L’introduction de ces primes est un élément clé : elle permet de démontrer concrètement à chaque ingénieur et à chaque designer l’impact quotidien de leur travail sur le client et sur le coût du véhicule. »
Ford change aussi le modèle de production imaginé par son fondateur il y a plus de 100 ans déjà. Au lieu de la chaîne d’assemblage, on parle désormais d’arbre d’assemblage. Les électromobilistes les mieux informés auront peut-être déjà reconnu ce processus de fabrication « unboxed » mis de l’avant par nul autre que Tesla en 2023.
Le nouveau système intégrera de larges pièces d’aluminium appelées « unicastings », qui remplaceront plusieurs composants plus petits. Ces sous-ensembles comprendront notamment un module avant, un module arrière et une batterie servant de plancher structurel au véhicule.
Les deux principales composantes structurelles — l’avant et l’arrière — remplaceront à elles seules 146 pièces structurelles que l’on retrouve sur le Ford Maverick. La concurrence de plus en plus forte des marques chinoises capables de produire des VÉ à bas prix est clairement en cause ici. Ford espère ainsi réduire drastiquement ses dépenses et éliminer les inefficacités.
Ce nouveau pickup intermédiaire attendu en 2027 sera également optimisé au chapitre de l’aérodynamisme. Par exemple, le dessous du véhicule a été conçu de manière à rendre les boulons affleurants au plancher, tout en guidant l’air autour des pneus avant et de la suspension afin de réduire la traînée. Selon Ford, ces ajustements à eux seuls permettraient d’ajouter 4,5 miles (ou 7,2 km) d’autonomie. Les rétroviseurs plus compacts contribueraient quant à 1,5 mile (ou 2,4 km) supplémentaire. Même le toit du véhicule, doté d’un profil en forme de goutte d’eau favorisera une meilleure pénétration du camion dans l’air.
Plusieurs autres composantes du véhicule ont également été fortement simplifié, pour réduire les coûts oui, mais aussi pour abaisser le poids, l’ennemi numéro un des VÉ en 2026.
Reste maintenant à savoir si l’objectif de commercialiser un pickup intermédiaire électrique sous la barre des 30 000 $ sera respecté. D’ailleurs, la même question s’applique aussi au marché canadien. On en apprendra certainement plus au cours des prochains mois.

