8,2 / 10
ESSAIS

Volvo XC90 T8 2026 : essai routier

27 févr. 2026  · 9 min de lecture
8,2 / 10
Résumé
On a repris le volant du seul utilitaire intermédiaire Volvo encore sur le marché au Canada. Voici ce que nous avons retenu.

Pour

Confort princier
Design intemporel
Qualité d’assemblage et des matériaux

Contre

Conduite aseptisée
Sonorité du moteur (une question de goût)
Trop peu de boutons traditionnels dans l’habitacle
8,210
Ce score est attribué par notre équipe d'examinateurs experts après des tests approfondis de la voiture.
DESIGN8,0 / 10
SÉCURITÉ9,0 / 10
HABITABILITÉ8,5 / 10
CONVIVIALITÉ7,0 / 10
CARACTÉRISTIQUES8,5 / 10
PUISSANCE8,0 / 10
CONFORT9,0 / 10
AGRÉMENT DE CONDUITE7,5 / 10
CONSOMMATION DE CARBURANT8,5 / 10
VALEUR7,5 / 10

« Le retraite, ce n’est pas pour tout le monde » Cette affirmation s’applique à bon nombre d’êtres humains sur la Terre, mais elle pourrait bien impliquer le doyen des utilitaires Volvo qui, contre toute attente, a convaincu ses patrons qu’il valait mieux rester encore un peu.

Le multisegment intermédiaire aurait dû être remplacé par l’EX90, son équivalent 100 % électrique et complètement remanié face à son ancêtre, mais les déboires de jeunesse et le ralentissement de l’adoption électrique n’ont pas aidé la cause de cet autre concentré de technologies à la fine pointe. La vraie explication derrière ce retrait pointe toutefois en direction des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump qui n’auraient que gonflé de manière exponentielle le PDSF de l’EX90.

En contrepartie, le XC90 T8 essayé en ce début d’année glaciale est un produit de l’usine de Göteborg, en Suède. Il n’est donc pas soumis à série de tarifs à son entrée sur le territoire canadien.

Malgré les légers ajustements apportés au VUS l’an dernier, le XC90 arrive à la fin de son cycle, le plus imposant des Volvo qui a intégré le marché en 2014 en tant que modèle 2015. Bref, tout ceci nous amène à une question fort simple : en 2026, ce vétéran du segment intermédiaire peut-il encore rivaliser avec une concurrence plus récente et plus flamboyante? C’est un peu avec cet angle d’attaque que nous avons repris le volant de ce vieil ami.

Design 8 / 10

Le XC90 n’a jamais été tape-à-l’œil, et c’est précisément ce qui fait sa force. Dix ans après son lancement, ses lignes demeurent élégantes, équilibrées et intemporelles. Là où certains rivaux semblent déjà fatigués après trois ou quatre ans, le Volvo conserve une dignité rare. Même les plus vieux XC90 sur nos routes ont encore cette élégance perpétuelle.

Pour 2026, les retouches sont subtiles, mais diablement efficaces. On note cette calandre redessinée qui s’intègre très bien à la signature lumineuse des feux de jour. Plus bas dans le bouclier, il y a aussi de nouveaux grillages affinés. Même la trappe pour la borne de recharge a changé de forme, un commentaire qui s’applique aussi aux ensembles de jantes disponibles. Derrière, c’est la même histoire avec une finition assombrie des feux de position et même la disparition des pots d’échappement chromés. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment pour rappeler que ce XC90 n’a pas dit son dernier mot.

Sécurité 9 / 10

S’il fallait résumer Volvo en un mot, ce serait celui-ci : sécurité. Et le XC90 T8 2026 en est une démonstration éclatante. La suite d’aides à la conduite est non seulement complète, mais surtout intelligemment calibrée. Et la liste de dispositifs est impressionnante en ce sens : surveillance des angles morts, aide au maintien de voie, régulateur adaptatif, détection des usagers par le poids, l’assistance à la conduite, l’aide au stationnement, l’avertisseur de collision arrière, la détection des panneaux routiers, tout est là, et tout fonctionne sans trop d’intrusion.

Sans surprise, le XC90 fait très bien lors des essais de l’Institut des Assureurs américains (IIHS) avec une mention Top Safety Pick+, la plus haute distinction. Même chose du côté de la NHTSA, le véhicule qui peut se targuer d’avoir cinq étoiles lors des tests de collision.

Habitabilité 8,5 / 10

Le XC90 s’inscrit dans le segment intermédiaire de luxe à trois rangées de sièges. Certes, la troisième rangée n’est pas un salon pour adultes de grande taille, mais elle demeure utilisable sans compromis excessif. À l’avant comme à la deuxième rangée, l’espace est généreux, la position de conduite exemplaire, et la visibilité étonnamment bonne pour un véhicule de ce gabarit. Volvo continue de privilégier l’ergonomie à la démesure. Le coffre, lui, souffre légèrement de l’implantation de la batterie du système hybride rechargeable, ce qui se traduit par aucun espace supplémentaire sous le seuil de chargement.

Confort 9 / 10

C’est ici que le XC90 réussit à se forger sa propre identité. La suspension pneumatique transforme littéralement l’expérience à bord. Le XC90 T8 glisse sur l’asphalte avec une aisance remarquable, filtrant les imperfections sans jamais devenir flottant. Et que dire des sièges des deux premières rangées? Ils sont très confortables et offrent un bon support.

L’insonorisation est excellente, le roulement feutré, quoiqu’on ressente à l’occasion les imperfections du bitume québécois. Bref, il y a assez de perturbations dans l’habitacle pour garder le conducteur alerte. Mais, on sent vraiment que Volvo ne cherche pas à faire mieux que les modèles allemands. Il y a un semblant de sportivité, mais le XC90 mise surtout sur une expérience de conduite paisible.

Convivialité 7 / 10

Le XC90 T8 2026 adopte la dernière évolution du système multimédia Google intégré. Rapide, fluide et bien connecté, il fait mieux que l’ancienne interface maison. Google Maps est une bénédiction, tout comme l’intégration vocale. Malheureusement, Volvo persiste dans son obsession pour les commandes tactiles. La quasi-totalité des réglages passe par l’écran central vertical, y compris certaines fonctions de confort. Ce choix demeure discutable, surtout quand on doit ajuster un paramètre pendant la conduite.

Puissance 8 / 10

Le groupe motopropulseur T8 combine un moteur 4-cylindres turbo de 2,0-litres de cylindrée à un moteur électrique, pour une puissance totale de 455 chevaux. Sur papier, c’est impressionnant et c’est le même constat sur la route. Les accélérations sont franches, immédiates, et la transition entre propulsion électrique et thermique se fait dans une relative douceur, malgré quelques minimes délais ressentis. Ce n’est pas une mécanique sportive et elle n’a pas besoin de l’être.

Agrément de conduite 7,5 / 10

Malgré son poids élevé – le modèle hybride rechargeable est plus lourd que la version hybride légère après tout –, le XC90 T8 se conduit avec une aisance surprenante. La direction est précise, bien que légèrement aseptisée, tandis que la rigidité du châssis inspire confiance. L’imposant Volvo rappelle toutefois qu’il ne cherche pas à impressionner par la performance. En conduite plus dynamique, le XC90 atteint sa limite. Le XC90 n’est pas là pour attaquer une route sinueuse, et ce, même s’il affiche assez d’aplomb. Il est là pour transporter ses occupants avec calme et assurance, rien de plus, rien de moins.

Consommation 8,5 / 10

Avec une autonomie électrique de 53 km, le XC90 T8 permet à plusieurs propriétaires de rouler quotidiennement sans consommer une seule goutte d’essence. Dans ce contexte, l’hybride rechargeable prend tout son sens. Mais, comme on a pu l’observer durant cette autre semaine glaciale de la fin janvier, lorsque le pied droit en redemande, il active automatiquement le bloc thermique. Mais, avec un minimum de retenue, le multisegment peut se débrouiller sans l’apport du moteur 4-cylindres.

Une fois la batterie épuisée, la consommation grimpe, certes, mais demeure raisonnable pour un VUS de ce gabarit. À condition, bien sûr, de recharger régulièrement. Ici, c’est au consommateur de bien évaluer ses besoins. Si le parcours quotidien peut être entièrement effectué en mode électrique, ça peut devenir intéressant pour la facture de carburant annuelle. Rappelons tout de même que le XC90 T8 n’a pas un chargeur très rapide à bord, ce qui prolonge les séances de recharge. Mais bon, puisqu’une majorité d’utilisateurs branchent leur véhicule à la maison le soir venu, le temps de recharge n’est qu’un détail anodin.

Équipement 8,5 / 10

Trois niveaux d’équipements sont disponibles : Core, Plus et Ultra. Le véhicule essayé plus tôt en janvier portait l’appellation (médiane) Plus qui, sans être aussi bien nantie que l’Ultra, n’a pas à rougir par son contenu. Muni des jantes de 21 pouces, d’une chaîne audio Bowers & Wilkins, d’une caméra 360 degrés, de l’aide au stationnement, de ce levier de vitesses en cristal par Orrefors, de la sellerie en cuir Nordico matelassé, d’un éclairage d’ambiance, d’une climatisation à quatre zones, d’un volant chauffant, d’un pavé de recharge par induction, de sièges chauffants aux deux premières rangées, sans oublier les fonctions Apple CarPlay et Android Auto… avec câbles. Oui, vous avez bien lu : le XC90 T8 oblige son utilisateur à brancher son appareil pour qu’il s’affiche dans l’écran central.

Valeur 7,5 / 10

Le XC90 T8 2026 est cher à un PDSF de 91 900 $ (en livrée Plus). Très cher même pour un produit débarqué sur nos routes il y a dix ans déjà. Mais, quand on jette un coup d’œil à l’ensemble de la catégorie, le XC90 T8 se retrouve tout de même en bonne position face à certains rivaux allemands qui frôlent les 100 000 $, même en livrée de base.

Conclusion

Le Volvo XC90 T8 2026 est un survivant, un VUS de luxe qui refuse de céder à la panique technologique, préférant évoluer à son rythme. Il est imparfait, plus âgé dans sa conception, en plus de s’adresser à une clientèle qui privilégie le confort, plutôt que les performances brutes. Ça se reflète d’ailleurs lorsqu’on prend le volant de ce représentant scandinave. Mais justement, c’est ce qui fait le charme du Volvo XC90, il tente par tous les moyens d’offrir une expérience unique, ce qui n’est pas toujours le cas de nos jours.

Caractéristiques
Cylindrée
2,0L
Nb. de cylindres
L4 turbo
Puissance
455 ch
Couple
523 lb-pi
Consommation de carburant
9,1/8,6/8,9 L/100 km ville/route/comb
Volume de chargement
298 / 976 / 1,976 L
Modèle à l'essai
Volvo XC90 T8 Plus 2026
Prix de base
91 900 $
Taxe climatiseur
100 $
Frais transport et préparation
2 770 $
Prix tel qu’essayé
92 638 $
Équipement en option
Aucune

Rencontrez l'auteur

Ayant étudié en journalisme à l’Université de Montréal, Vincent Aubé a décidé de joindre l’utile à l’agréable en consacrant sa carrière à couvrir tout ce qui a quatre roues et un volant.